Qu’on soit bien clairs ; que celui qui a prétendu un jour que ‘’la vie avec un bébé, c’est comme avant, sauf que y’a un bébé’’ soit sur le champ pendu par les parties avec ses propres intestins. Bases ainsi posées, je m’en vais vous conter la vérité du comment ça se passe, en vous demandant au préalable de bien vouloir m’excuser pour mon français désormais approximatif. Se trouve que mon interlocuteur premier, principal et quasi unique est relativement limité en terme de communication, de ce fait, j’en ai un peu perdu ma verve (oui, ça ressemble au mot qui désigne le sexe masculin mais ce n’est pas le même, calme-toi).

Sache tout d’abord que pour l’heure, je te ferai grâce du récit de mon accouchement. Je sais, c’est décevant ; il se trouve que j’ai vraisemblablement pas encore digéré l’événement susdit (surtout le moment où on m’a dit que la péridurale, ça faisait pas mal et que j’en ai retenu une douce sensation de tripotage de moelle à l’aide d’une gouttière biseautée). Cette parenthèse à elle seule te signifiera normalement que c’est trop tôt pour en parler.

Parlons du reste, donc.

Avoir un bébé, c’est tout d’abord perdre IMMEDIATEMENT, VIOLEMMENT et de façon DEFINITIVE toute notion d’égoïsme. A toutes celles qui prétendent qu’elles ‘’s’aménagent du temps pour elles’’, je dis ‘’ ARRETE UN PEU TES CONNERIES, MEUF’’. Le principe de base de l’entrée dans la vie d’un nourrisson, c’est l’arrêt instantané de tes besoins vitaux à toi ; c’est à dire manger et dormir.

Tu devras donc t’habituer à manger :

-       En 4h ;

-       Froid ;

-       Seul(e) ;

-       Un autre jour.

A peu de chose près, le sommeil c’est pareil. En 4h, si tu es chanceux(se). Seul(e), souvent parce que quand tu dormiras, l’autre sera en train de marcher partout dans le salon comme un pélican (genoux fléchis pour donner plus-value au berçage). Et si comme moi, les seules musiques que ton enfant tolère pour le calmer sont le bluegrass et le métal allemand, ça te promet des nuits intéressantes.

Tu devras aussi faire face aux ‘’angoisses du soir’’. Terme employé pour désigner le moment, quotidien et parfois extrêmement long, où le bébé dévisse littéralement (et sans AUCUNE RAISON, BORDEL) et se met à hurler à la mort sous la lune montante. Tu sais, ce grand moment acoustique de quand il a FAIM et qu’il se transforme en Sher Khan. Bah pareil, mais des heures durant. Un jour de grande forme, le mien a tapé les 4h30 (soit un Toulouse/Bordeaux A/R, pour situer) de mugissement inconsolables. C’est d’ailleurs ce jour-là que j’ai pris toute la mesure des mises en garde des copines à base de ‘’tu verras, un jour t’auras envie de le lancer dans le mur, c’est normal, ça fait pas de toi quelqu’un de mauvais’’. T’as beau être Sœur Patience, cet instant où tu le tiendras à bout de bras en tremblant, pleurant aussi fort que lui des ‘’MAIS POURQUOI TU FAIS CAAAAA, TU M’AIMES PAAAAAS HINNNNNNNN ARREEEEEEEEETE HHHHHHHHHIIIIIINNNN PITIEEEEE ‘’, ce moment où tu te dis que c’est lui ou toi, tu y passeras aussi.

Dans la section ‘’grande découverte’’, nous pourrions citer la prise de conscience de fonctions avancées de Bonobo, lorsque tu attraperas de plus en plus de choses avec tes pieds ou ta bouche, faute de mains.

Ensuite, dans la catégorie des ‘’choses qui gavent’’, toi qui sais pas encore, et toi qui ne sais que trop bien, j’ai envie de nommer :

-       Ce PUTAIN de bouchon de Calmosine 800 fois trop gros qui manque de te stranguler le gosse à chaque prise ;

-       Cette PUTAIN de bague de biberon que tu auras oublié de visser, de préférence de nuit, vidant ainsi l’intégralité du bordel sur la tronche de l’enfant –qui criait déjà très fort- ;

-       Quand tu viens de le/te changer et qu’il te lègue sur l’épaule un renvoi en mode L’exorciste ;

-       Quand tu contemples pendant 1h30 ton thé qui refroidi, ou ton portable qui sonne, ou la télécommande que tu peux pas attraper parce que tu préfèrerais CREVER que de bouger de peur qu’il se réveille ;

-       Quand tu te rendras compte qu’avant, tes colliers préférés tu les portais tout le temps et qu’aujourd’hui, tu ne les portes SURTOUT PAS ;

-       Quand l’intégralité de tes orteils décident de craquer EN MEME TEMPS quand tu rentres dans sa chambre comme un ninja (pour la 12ème fois) vérifier que l’héritier respire.

Enfin, pour parler deux secondes de nos agissements somme toutes assez étranges rapport au nouveau né, j’ai envie de relever :

-       Qu’après avoir compris qu’il aimait le bruit de la douche, je suis allée chercher spontanément une appli ‘’ruisseau’’ pour calmer les crises ;

-       Qu’on a cette tendance inexplicable à adopter une voix de Bee Gees quand on lui parle ;

-       Qu’en un seul sourire, le ciel bleu sur nous peut s’effondrer ;

-       Qu’on donnerait royaume, économies et dernier Granola pour un rot ou un caca qui se fait attendre.

Paraît qu’on oublie tout ça. Le chiant, je veux dire. Paraît qu’ils nous ouvrent le cœur tellement en deux qu’à moyen terme, on fait une amnésie des faits.

De fait, j’ai supplié mon type de me gifler poing fermé dans 4 ans.

Quand j’aurai oublié moi aussi.

Et que  j’en réclamerai un autre.

 

A Pupuce & Didge, Nathalie, Laura, Gégé & Pierre, David, Yannick, Lauranne, Dorine, Adeline, Emilie T., Sabrina, Coralie L. & Mumu, Virginie, Fabienne, Claudie, Marieke, Nathan …

Et à Karine, Alice et Elodie & Ludo, bonne découverte !

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