Tu sais, c’est ce jour où tu te lèves après avoir fait des rêves chelous toute la nuit. Ca fait une semaine que ton sommeil est moisi, t’es là sans être là et tu sens qu’il se trame un truc à ton insu.

Qu’à cela ne tienne ; tu pars aux toilettes faire le fameux test où il faut faire pipi sur la fameuse languette (et sur tes doigts) qui devient rose. Puis qui affiche le fameux ‘’+’’.

 

Tu observes ensuite un certain enchaînement d’émotions en 8 secondes, de manière à peu près schizophrénique, à base de :

-       Sautillements de bonheur (‘’ Ho bordel ! Ho bordel !’’)

-       Trépignement d’impatience ( ‘’ Faut que je le dise à quelqu’un, VITE’’)

-       Prise de conscience (‘’Ho bordel ! Ho bordel !’’)

-       Attaque de panique (‘’Ho bordel ! Hooooo BORDEL !’’).

 

Il se trouve que tu as ton type sous la main à cet instant (qui dort, mais qui est toutefois dans le périmètre) et forcément, tu attends pas 4 ans pour lui faire partager la chose. S’en suit également un bataillon de réactions aussi rapprochées que différentes dont les principales restent :

-       La joie

-       La fierté

-       La prise de conscience amenant naturellement à :

-       la descente d’organes.

 

Tout le monde est super content, félicitations, c'est génial, merci, toussa.

 

Ce qu’il faut savoir, c’est que c'est quand même une PUTAIN de révolution qui est en train de se passer. La prise de la Bastille à côté c’est un truc de pucelle, je te le dis. T’as beau avoir regardé un paquet de films de mutants, personne, je dis bien PERSONNE, ne saurait muter aussi bien que toi à cet instant précis. Il fallait absolument que je dresse un inventaire (non exhaustif) de l’escouade de petits bonheurs quotidiens que comporte un premier trimestre gravide. Que voici.

 

- En première position, pour ma part, je citerais sans hésitation cette permanente, constante, oppressante, sur-chiante : ENVIE DE PISSER. Genre tout le temps. Genre 10 fois par jour, 3 fois par nuit. Et attention, y’a pisser, et PISSER. Là, on parle bien de karcher pour faire sauter le crépit. Une erreur d’angle, et tu pètes la faïence.

 

- Ensuite, je me vois obligée de parler de La Constipation. A réellement se demander OU passe ce que tu manges. Après des litrons d’Hépar, de Contrex et autres jus de pruneaux, il ne s’est personnellement RIEN passé pendant près de 10 jours. Ou si peu. ‘Fin tu vois.

 

- Un truc à peu près sympa maintenant : La découverte de tes Nouvelles Meules. T’étais là, dans ton petit top moulant, quand soudain, BLAM ! Ledit top moulant ne touche plus ton ventre et remonte de 20 cm au-dessus de ton nombril. Un truc vraiment impressionnant. Un signe qui trompe pas aussi, c’est qu’à chaque fois que tu croises ton mec en tenue légère dans la baraque, il te reluque les protubérances comme un sale en criant ‘’ A TABLE ‘’. Imparable.

 

- Parlons maintenant des Cheveux. J’avais lu quelque part que la grossesse rendait les cheveux BEAUX. Soyeux, doux, éclatants, je le vaux bien, bla et blah. Alors qu’on soit bien clair(e)s : C’est mensonge, calomnie, sorcière, au bûcher. Mes cheveux ont juste été les plus DEGUEULASSES que la terre ait porté pendant 3 mois. Tu les laves le matin, deux shampoings, le soin, le masque, le séchage, le lissage, tu fais une sieste : terminé, tignasse collée sur le front au 6ème degré.      

 

- En parlant de sieste, on peut aussi évoquer Le Sommeil dans lequel tu te vautres allègrement tout le temps, avec n’importe qui, sur n’importe quelle surface plane. Une sieste donc, de 2h30 l’après-midi, ne sera absolument pas un obstacle pour t’endormir comme une merde la bouche grande ouverte et l’œil révulsé dès le début du film du soir.

 

- Un autre passage à priori obligatoire de cette douce période : Les Humeurs Changeantes. Ou du moins, étranges et inadaptées. Croyez bien mes amis que ce n’est pas une légende. Si comme moi tu es d’un tempérament plutôt cool et facile à vivre (si, en vrai je suis une perle) et que tu deviens un petit führer susceptible, chialeur et névrosé, la mission est accomplie.

 

- On ne peut pas parler des Humeurs sans parler des fameuses Envies concernant la bouffe. On m’a raconté des trucs totalement farfelus, mais pour moi, ça se limite à mettre des épinards dans à peu près tout, et une passion sans limite pour les Croustibat.  Pas de truc sucré, Dieu préserve (encore un peu) la circonférence de mon être.

 

(En parlant de bouffe, si toi aussi tu n’es pas immunisée contre la Toxoplasmose, je te présente prestement mes plus douces condoléances. Au début, tu te diras que tu t'en fous et que tu donneras le meilleur de toi pour que le petit être se porte bien. Au bout de 9 jours, tu verras danser des rillettes devant tes yeux à 8h du mat'). Sur ma vie.

 

- Viendra la Toute Première Echo, dite ‘’de datation’’. Pour savoir exactement QUAND tu as officiellement engendré. Moment très émotionnant, même si tu ne comprends rien à ce qu’on te montre. '' Là, c'est sa tête, là, c'est ses fesses'' ... Alors que tu ne visualises présentement qu'un vague flageolet. C'est un peu comme quand tu regardes les nuages avec quelqu'un d'inventif. Genre le mec qui te maintient que là, on voit des gladiateurs gays.

En sortie d’écho donc, une fois l’offense datée, on évoquera non sans émotion un souvenir rattaché au présumé jour de conception. (Pour ma part, il s’agira d’une restitution de Ricard et de quiche aux champignons au fond du jardin avant d’être partie danser en soutif sur du Manau). Si, c’est important, plus tard on sera contents de s’en souvenir.

 

Voilà. On en est à peu près là. Je ne te parlerais pas des fameuses Nausées, étant donné que je n'en ai pas eu (tu peux désormais me détester, toi qui dégueules ta vie tous les matins dans un torrent de morve en criant ''POURQUOI ?!'').

 

Je te dis à très bientôt pour la suite ; le réel gonflement horizontal qui te rend soi-disant si Beeeelle, les cadeaux de Noël qu’on ‘’t’offre’’ mais qui sont plus pour toi, le nouvel an au Banga et les gens qui donnent leur avis sur les prénoms que t’as choisi. Pour l’heure, je vais m’acheter un jean capable de m’accueillir sans me supprimer l’envie de vivre dès que je m’assois.

 

Pour rappeler des moments intenses à celles qui y sont déjà passées.

Pour la prévention des futures, parce que y'aura sûrement moins de conneries et de photos mièvres que chez Doctissimo.

 

J’ai testé pour vous : le début d'une grossesse.

 

Bisou.

 

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NDLR : Mention spéciale à Pupuce. Toi même tu sais. Love.